L’EPHJ n’est pas un salon de recrutement. Et c’est précisément ce qui le rend intéressant pour parler d’emploi.
À Genève, les entreprises ne viennent pas d’abord présenter leurs postes ouverts. Elles viennent montrer leurs savoir-faire, leurs innovations, leurs machines, leurs composants, leurs procédés, leurs capacités industrielles. En apparence, le sujet est très technique. En réalité, il parle aussi beaucoup de compétences.
Derrière une solution de contrôle, un composant micromécanique, une machine laser, un développement software industriel ou un nouveau procédé de fabrication, il y a toujours la même question : qui sait le concevoir, le produire, le régler, le documenter, le contrôler, l’améliorer et le faire vivre dans un environnement de production réel ?
C’est sur ce terrain-là que Job Watch a choisi d’être présent à l’EPHJ 2026. Pour aider les candidats et les entreprises à mieux se rencontrer dans un contexte où les métiers évoluent vite, où les profils qualifiés restent difficiles à identifier et où la bonne compétence ne se lit pas toujours dans un intitulé de poste.
Quand la technologie rend les besoins RH plus visibles
L’EPHJ est un concentré de haute précision. Horlogerie, microtechnique, medtech, sous-traitance, automation, contrôle qualité, matériaux, digitalisation industrielle : les secteurs représentés partagent une même exigence. Celle du geste juste, du procédé maîtrisé et de la fiabilité.
Cette exigence se retrouve directement dans les recrutements.
Les entreprises ne cherchent pas seulement des personnes capables “d’occuper un poste”. Elles cherchent des profils capables de comprendre un environnement technique, de dialoguer avec plusieurs métiers, de résoudre des problèmes concrets et de s’adapter à des exigences parfois très spécifiques.
Dans l’horlogerie et la microtechnique, la valeur d’un candidat tient souvent à une combinaison fine : une base métier solide, une expérience terrain, une capacité à documenter, à contrôler, à améliorer, à transmettre, parfois à faire le lien entre production, méthodes, qualité et industrialisation.
C’est rarement visible au premier regard. Et c’est justement là que le travail d’intermédiation prend de l’importance.

Benoît Fontaine
Pour Benoît Fontaine, directeur de Job Watch, un salon comme l’EPHJ permet d’aller au-delà de la lecture classique d’un poste. « Sur un stand, la discussion permet d’humaniser une entreprise. Ce n’est plus seulement une description de poste souvent très standard. » L’entreprise devient plus concrète : une équipe, un environnement, un savoir-faire, une manière de travailler.
Cette lecture du terrain est d’autant plus utile que le secteur horloger traverse une période d’ajustement longue. Benoît Fontaine rappelle que « les remous actuels durent depuis bientôt 24 mois », une durée importante par rapport aux précédents ajustements conjoncturels. Selon lui, la plupart des entreprises se sont déjà adaptées, par licenciements ou par départs naturels non remplacés.
Toutes les structures ne vivent pas cette période de la même manière. Les grandes entreprises disposent souvent de plus de leviers d’adaptation. Les plus petites entités sont plus vulnérables, mais elles gardent aussi une agilité que les grandes structures n’ont pas toujours. Cette nuance compte, car le marché ne se lit pas uniquement en volume de postes ouverts.
Job Dating Day : moins de volume, plus de pertinence
Dans le cadre du Job Dating Day de l’EPHJ, Job Watch a joué un rôle très concret : rendre les rencontres plus utiles.
Pour un candidat, un salon professionnel peut être difficile à aborder. Les stands sont nombreux, les entreprises ne communiquent pas toujours ouvertement sur leurs besoins en recrutement, et les profils techniques ne savent pas forcément comment se présenter dans un contexte aussi rapide.
L’équipe Job Watch a donc travaillé en amont et sur place pour aider les visiteurs à identifier les entreprises pertinentes et préparer des échanges plus ciblés.
L’enjeu n’était pas de pousser les candidats à distribuer des CV au hasard. Il s’agissait plutôt de les aider à faire un tri intelligent : quelles entreprises correspondent à mon parcours ? Quels postes peuvent réellement faire sens ? Où mon profil peut-il ouvrir une discussion utile ?
Benoît Fontaine insiste sur ce point : un candidat en recherche active qui vient à l’EPHJ doit surtout récolter des informations utiles sur les entreprises qu’il souhaite intégrer. Cela suppose de préparer sa visite, de parcourir la liste des exposants, de se renseigner sur les sociétés ciblées et de construire une short list réaliste.
La présence des RH sur les stands reste incertaine. Mais cela ne rend pas la préparation moins importante. Au contraire. Pour le directeur de Job Watch, un candidat doit pouvoir se présenter en trente secondes, avec un propos clair, un dossier complet et quelques questions précises.
Dans un salon, une rencontre courte peut devenir intéressante si le candidat sait parler de ses compétences avec précision. À l’inverse, un bon profil peut passer inaperçu s’il se présente de manière trop générale.
Le rôle de Job Watch pendant ce Job Dating Day a donc été celui d’un facilitateur : aider les candidats à mieux cibler les entreprises, à comprendre où leur profil pouvait faire sens et à transformer une présence sur le salon en vraie opportunité de contact.
Ce que les candidats viennent vraiment chercher
La présence de Job Watch à l’EPHJ a aussi montré une réalité importante : tous les candidats ne viennent pas avec la même demande.
Certains sont en recherche active. D’autres sont en poste, mais attentifs au marché. D’autres cherchent surtout à savoir si leur profil est encore lisible, si leurs compétences sont transférables, ou comment construire un CV pour le marché suisse.
Ces échanges sont précieux, car ils montrent une chose : le marché de l’emploi ne se résume pas aux offres publiées.
Un bon recrutement ne repose pas seulement sur une correspondance entre un CV et une annonce. Il repose aussi sur une compréhension fine du contexte : culture de production, niveau d’autonomie attendu, complexité technique, rythme, exigences qualité.
C’est ce travail de lecture que Job Watch apporte au marché.
Pour les entreprises : recruter sans forcément être en mode recrutement
À l’EPHJ, les entreprises viennent d’abord rencontrer des clients, présenter leurs solutions, consolider leur visibilité. Le recrutement n’est pas toujours leur priorité officielle sur le salon. Pourtant, leurs besoins existent.
Un poste ouvert, un départ à anticiper, une compétence rare à trouver, un développement industriel à soutenir, une fonction qualité à renforcer, un profil méthodes à identifier : ces sujets apparaissent souvent dans les conversations, parfois de manière indirecte.
La difficulté, pour les entreprises, est de capter les bons profils dans un environnement où elles ne sont pas toujours perçues comme recruteuses. Pour les candidats, elle est d’oser entrer en discussion avec des entreprises qui ne parlent pas spontanément de leurs postes.
Job Watch a précisément occupé cet espace intermédiaire. En orientant les candidats vers les entreprises concernées, en rendant les postes plus visibles et en facilitant les premiers échanges, la plateforme a permis de créer des rencontres plus qualifiées.
Pas des rencontres de masse. Des rencontres mieux ciblées.
Pour Benoît Fontaine, cette dimension informelle est l’un des grands intérêts d’un salon technique. « Il n’y a pas ce jeu d’acteurs d’un entretien d’embauche. Le dialogue est naturel, instinctif, vrai. »
Sur un stand, on parle d’un métier, d’un produit, d’un savoir-faire ou d’un besoin concret. Et c’est souvent dans ce type d’échange que l’on perçoit des éléments qu’un CV ne montre pas toujours : la curiosité, la précision du langage, la compréhension du terrain ou la capacité à poser les bonnes questions.
Un marché plus exigeant, plus prudent, mais pas immobile
L’EPHJ permet aussi de prendre la température d’un marché qui ne se lit pas toujours facilement.
L’industrie horlogère et ses sous-traitants traversent des cycles. Certaines entreprises recrutent, d’autres temporisent, certaines réorganisent, d’autres cherchent des compétences très précises sans forcément ouvrir largement leurs recherches.
Dans ce contexte, les candidats peuvent avoir l’impression que le marché est fermé. Les entreprises, elles, peuvent avoir l’impression que les bons profils sont introuvables.
La réalité est souvent plus nuancée.
Benoît Fontaine relève que les postes ouverts étaient peu nombreux cette année. Plusieurs entreprises se placent dans une posture d’attente. Certaines lui ont indiqué que leurs équipes avaient déjà été redimensionnées et que les effectifs correspondaient désormais au volume de travail actuel. Si la demande repart, les recrutements devraient donc reprendre progressivement, mais sans mouvement massif à court terme.
Les besoins existent, mais ils sont plus ciblés. Les attentes sont plus élevées. Les entreprises veulent limiter les erreurs de recrutement. Les candidats veulent éviter de bouger pour une opportunité floue. Entre les deux, il faut plus de clarté, plus de préparation et plus de dialogue.
C’est là que la connaissance sectorielle devient déterminante. Comprendre les métiers de l’horlogerie, de la microtechnique et de la haute précision permet d’aller au-delà des mots-clés. Un profil qualité, méthodes, industrialisation, usinage, contrôle, documentation technique ou management de production ne se résume pas à un titre. Il se comprend dans son parcours, ses environnements, ses réalisations et sa capacité à évoluer.
Selon Benoît Fontaine, certains besoins restent particulièrement présents malgré la prudence du marché. Les compétences en métrologie, en amélioration continue, en gestion des données, ainsi que les métiers de la terminaison et de la décoration restent très recherchés. Ces domaines disent beaucoup du moment actuel : les entreprises cherchent à sécuriser la qualité, structurer l’information, améliorer les processus et préserver l’exigence esthétique propre à l’horlogerie.
Autre signal relevé par le directeur de Job Watch : le nombre d’exposants et les innovations présentées. Dans une période où les entreprises surveillent leurs coûts, maintenir une présence sur un salon professionnel de cette ampleur n’est pas anodin. Cela montre que le secteur reste actif, même si l’emploi avance avec davantage de prudence.
Ce que Job Watch retient de cette édition
La présence de Job Watch à l’EPHJ confirme une conviction forte : l’emploi doit rester proche du terrain.
Les plateformes sont utiles. Les annonces sont nécessaires. Les CV restent un point de départ. Mais dans les métiers techniques, le contact direct garde une vraie valeur. Il permet de mieux comprendre une personne, de clarifier un besoin, de détecter un potentiel ou de corriger une perception trop rapide.
L’EPHJ 2026 a rappelé que les compétences industrielles ne se repèrent pas uniquement dans les bases de données. Elles se rencontrent aussi dans les discussions, les parcours, les hésitations, les questions posées et les détails d’expérience.
Pour Job Watch, cette présence s’inscrit dans une mission plus large : connecter les professionnels de l’horlogerie, de la microtechnique et de l’industrie de précision avec les entreprises qui ont besoin de leurs compétences. Mais aussi aider chacun à mieux comprendre le marché dans lequel il évolue.
Candidats, entreprises, écoles, partenaires, acteurs du terrain : l’écosystème est exigeant, parfois tendu, souvent très spécialisé. Pour avancer, il a besoin de points de rencontre fiables.
L’EPHJ en est un. Job Watch y a pris sa place, avec un rôle clair : rendre les échanges emploi plus lisibles, plus utiles et plus concrets.
Pour Benoît Fontaine, le bilan emploi de cette édition dépasse le simple ralentissement conjoncturel. Le secteur horloger vit un changement plus profond, avec des effectifs qui pourraient continuer à s’éroder dans les prochaines années, jusqu’à atteindre un niveau plus proche des besoins réels du marché.
Ce constat doit être lu avec prudence. Une projection n’est pas une certitude. Mais il rappelle une chose : dans un marché plus sélectif, la qualité de la mise en relation devient déterminante.
C’est précisément le rôle que Job Watch entend jouer : être présent sur le terrain, lire les signaux du secteur, aider les candidats à mieux comprendre où sont les opportunités réelles et permettre aux entreprises de rencontrer des profils qui ne se résument pas à un intitulé de poste.
LE MONDE DE LA HAUTE PRECISION
Le salon EPHJ est le salon annuel professionnel le plus important de Suisse dans le domaine de la haute précision, de la sous-traitance en horlogerie-joaillerie, des microtechnologies et des technologies médicales. Cet événement est une plate-forme multi-domaines de nouveautés, d’échanges et d’affaires.
Les exposants invitent leurs clients et leurs relations d’affaires dans une atmosphère particulière très appréciée qui est aussi la marque distinctive du Salon.
